Courier et hotellier au lac Témiscouata (1809-1814)

Lac Témiscouata – « Long’s Landing Place »

La ferme située à l’extrémité du lac Témiscouata occupe une place très importante dans l’histoire de notre famille. Elle représente l’un des deux berceaux (avec Clair) de la vie et de l’histoire de la famille de Philip et Marie-Julie Long. C’est là que la famille Long s’est véritablement établie pour la première fois. Pendant plus de vingt ans, Philip Long a joué un rôle significatif et unique dans l’histoire du Bas-Canada et des Maritimes – non pas dans l’histoire à grande échelle des guerres, des expansions économiques ou des changements constitutionnels, mais plutôt au carrefour des histoires nationale et locale de régions clés dans le développement du pays qui allait devenir le Canada.

L’emplacement exact de la ferme demeure incertain. Ghislain Long avait cartographié les environs de l’extrémité du lac et pensait que la ferme se trouvait sur la rive nord de la petite rivière qui se jette dans le lac (à environ un kilomètre), à ​​proximité de l’emplacement actuel de Fort Ingall. Il est intéressant de se poser la question qui s’impose : pourquoi la ferme serait-elle adjacente au Fort Ingall et non située exactement au même endroit ? Ghislain pensait que le premier indice résidait dans l’observation du lac depuis le fort et la constatation que le dessin de Bouchette ne correspond pas à la vue actuelle telle qu’elle est représentée dans son célèbre dessin. Andrea Shaver a commandé à un artiste une peinture représentant la vue réelle depuis le fort, et celle-ci est très différente du dessin. Bien sûr, on peut imaginer que l’artiste de Bouchette ait pris quelques libertés et ait simplement dessiné le paysage le plus bucolique qu’il pouvait concevoir, ressemblant davantage à la vue depuis le sommet de la colline de Cabano qu’à hauteur d’œil au Fort. Cela pourrait certainement expliquer la perspective différente.

Un autre indice pour Ghislain provenait d’un article sur l’histoire du Fort Ingall, publié en xxx, 19XX, dans la revue. Cet article est intéressant pour qui souhaite comprendre les circonstances qui ont mené à la création du fort, mais malheureusement, rien n’indique clairement que le fort ait été situé à un endroit autre que la ferme de Long.

Un indice plus fort que Ghislain avait découvert était tiré de l’Album du Centenaire du Cabano où il est écrit que :

« Arrivé à l’endroit où se trouve aujourd’hui l’école NO 7 (sur le chemin Saint-Louis), le voyageur tournait à gauche et descendait directement aux Casernes, s’arrêtant s’il le voulait à l’hôtellerie de Monsieur Long, sise en face du Fort. »

« Arrivé à l’endroit où se trouve l’école n°7 (sur la route de St Louis), le voyageur tournerait à gauche et descendrait directement vers la Caserne, en s’arrêtant s’il le souhaitait à l’hôtel de M. Long, face au Fort ». (traduction gratuite)

La source de cette information n’a pas été mentionnée dans le livre et rien ne le démontrant n’a été trouvé à ce jour. Cependant, Jean-Pierre Masse a découvert une carte de la ville de Kent projetée par Bouchette et Fraser dans le cadre d’une entreprise commune qu’ils avaient planifiée après avoir acheté les terres de Philip Long autour du lac. Cette carte indiquait apparemment la même chose : l’hôtel de Long se trouvait de l’autre côté du fort.

Si cette dernière information est exacte, alors, d’après le dessin de Bouchette, le fort se serait effectivement trouvé sur la ferme de Long, mais au bord de l’eau, tandis que l’hôtel de Long aurait probablement été déplacé plus loin du fort, le long ou de l’autre côté de la route connue sous le nom de Portage du Canada.

Nous espérons retrouver un jour cette carte qui indique l’emplacement exact de ce fameux hôtel.

Pour nos besoins, le débarcadère de Long, ou la ferme de Long, ou simplement Long, se situait donc au carrefour d’une importante voie de communication. Elle appartenait à l’origine à David Higginbotham qui avait reçu par erreur la concession de 500 acres du général Haldimand (ce qui posait problème car il s’agissait en fait d’une parcelle de terre déjà détenue par le gouverneur James Murray depuis 1760, puis par le capitaine Alexander Fraser).

Figure 93 – Section de la carte topographique de Joseph Bouchette, arpenteur général du Bas-Canada, publiée en 1815. La propriété de Long est clairement indiquée et se situe manifestement au nord de la rivière. Le fort n’existait pas encore, son emplacement n’est donc pas indiqué.

Philip Long et sa famille sont affectés sur ordre de Sir James Craig.

Philip Long et sa famille furent « invités » à s’installer à l’extrémité nord du lac Témiscouata en juillet 1809. Nous le savons grâce à un extrait d’une lettre de George Heriot, datée du xxx, 1811, où il déclare :

Il est affecté là sur ordre du maître de poste général (Finlay) et du gouverneur Craig. Ces informations nous parviennent grâce à une lettre écrite en 1811 par George Heriot, alors sous-directeur général des postes du Canada. [i]

« …que Philip Long, un ancien fonctionnaire du gouvernement, marié et père de cinq ou six jeunes enfants, fut installé en juillet 1809 au débarcadère du lac Témiscouata, près de l’entrée du grand portage sur la route entre Québec et Fredericton, sur ordre de Son Excellence Sir James Craig, ancien commandant des Forces.»

Cette information est fascinante, car elle nous apprend que Philip fut invité à s’installer dans cette région par le commandant en chef des Forces – un homme qui exerça pendant longtemps les pleins pouvoirs sur l’ensemble de la province du Nord, comprenant le Haut et le Bas-Canada ainsi que les Maritimes. Nous examinerons cette lettre plus en détail ultérieurement, mais nous savons d’ores et déjà que Sir James Craig décida de verser à Long une allocation journalière de deux shillings, compte tenu de l’isolement de la région où il s’établissait.

Pour aider le lecteur à comprendre l’importance de Sir James Craig, nous reproduisons une courte biographie. Cette information provient des Archives nationales du Canada.

Sir James Henry Craig

Gouverneur James Henry Craig.

Droit d’auteur/Source

Sir James Henry Craig fut nommé septième gouverneur du Canada le 29 août 1807 et occupa ce poste jusqu’au 23 octobre 1811. Craig arriva à Québec dans un contexte très difficile. Son arrivée suscita l’espoir, parmi les colons anglophones, qu’un système politique pleinement britannique serait enfin instauré. Les Canadiens français nourrissaient également de grandes attentes, espérant que le nouveau gouverneur réparerait l’injustice dont ils avaient été victimes.

Le premier intérêt de Craig se porta sur les questions militaires, la guerre entre l’Angleterre et les États-Unis semblant imminente. Il consacra beaucoup d’énergie, de temps et d’argent à l’amélioration des relations avec les peuples autochtones et à la réparation des fortifications de la province, notamment celles de la ville de Québec.

Dès 1808, des problèmes surgirent à l’Assemblée législative. Celle-ci chercha à discréditer le mandat législatif des magistrats en abolissant le droit des juges de siéger à l’Assemblée. Le débat s’envenima et les journaux, le Mercredi de Québec et Le Canadien, prirent parti. L’électorat canadien-français était en proie au mécontentement. Après seulement 36 jours de session, l’Assemblée législative fut dissoute par Craig.

À l’ouverture de la session de 1810, l’Angleterre ordonna au gouverneur Craig d’accepter la volonté de l’Assemblée législative d’exclure les magistrats. L’Assemblée adopta une loi en ce sens, mais le Conseil législatif la modifia pour qu’elle ne s’applique qu’aux prochaines élections générales. L’Assemblée législative maintint sa position et expulsa un député qui était juge.

Le gouverneur Craig prorogea le Parlement et convoqua des élections, les troisièmes en 18 mois. De plus, dans le but d’intimider le public et ses défenseurs, il fit saisir les presses du journal Le Canadien et emprisonna son rédacteur en chef, Le François, ainsi que ses trois propriétaires, Bédard, Taschereau et Blanchet.

Durant son séjour dans la colonie, le gouverneur Craig constata que les Canadiens français étaient toujours pleinement français et qu’ils se considéraient comme une nation distincte. En conséquence, Craig œuvra à leur assimilation et lança un projet visant à unir les Canadiens français et les Canadiens français.r and Lower Canada.

Les ambitions américaines d’envahir le Canada ont contrecarré ses efforts. Il fut remplacé comme gouverneur en octobre 1811 par Sir George Prevost. James Henry Craig décéda en janvier 1812, peu après sa promotion au grade de général.

Naissance de George Long en 1809

George Long naquit le 26 décembre 1809. Il devint le chef d’une grande famille Long à Clair, au Nouveau-Brunswick, avec ses jeunes frères, Romain et Michel. Il naquit au lac Témiscouata et fut baptisé à Saint-Basile, au Nouveau-Brunswick. Nous ne possédons pas d’acte de baptême pour le moment.

Peu de documents concernant George Long nous sont parvenus. La première mention de George Long dans les archives municipales figure dans le recensement de 1831 de Deane et Kavanagh, où il est cité avec son père Philip et son frère Romain.

Philip Long                1828       réside sur le terrain ; « Il aurait fui vers les Britanniques avec du courrier américain pendant la Révolution et aurait, depuis lors et jusqu’à il y a quelques années, été employé à transporter le courrier anglais de Fredericton à Québec. »

Marmosie Long     1828       fils de Philip ; réside sur le terrain

George Long         1828      fils de Philip ; Réside sur le lot » [ii]

George Long est également mentionné dans le recensement de 1830.

Dans le recensement de 1851 à Clair, on trouve le nom et la famille de George Long, comme indiqué ci-dessous :

George est recensé comme fermier et propriétaire de ses terres.

George Heriot, sous-ministre des Postes, écrit une lettre mentionnant Philip Long en 1811 et concernant les versements qui lui sont destinés.

De nombreuses lettres mentionnent Philip Long, et nous avons pu reproduire dans ce document toutes celles qui sont connues. Cette lettre en particulier est de George Heriot, sous-ministre général des Postes du Bas-Canada, accusant réception de la note du lieutenant-colonel Thornton datée de ce jour, accompagnée d’une pétition de Philip Long adressée à Son Excellence Sir James Craig, et datée du 27 mars 1811 à Québec[iii]. Cette lettre est intéressante à plusieurs égards :

George Heriot deviendra une figure importante dans la vie de Philip Long. Cette lettre est l’une des premières correspondances signées de son nom où il est question de Philip Long.

L’objet de cette lettre est tout à fait singulier : Heriot y détaille le fait qu’il a suspendu le paiement de la pension journalière de Long, car il constatait que « cet homme n’utilisait pas l’argent de la manière la plus avantageuse pour sa nombreuse famille ! ». Bien sûr, nous ne pouvons que spéculer sur les raisons qui ont poussé Heriot à prendre une telle décision, mais peut-être le puritanisme y était-il pour quelque chose, peut-être était-ce en partie dû à une réelle préoccupation pour la santé de la famille et des jeunes enfants.

Ce qui est certain, c’est que Long n’était pas sans influence : il avait écrit à Craig (malheureusement, cette lettre est toujours introuvable) pour se plaindre et avait reçu une réponse.atisfaction since Heriot was now prepared to remit the total amounts owning to Long.  No one that I know in our family would be able to obtain such attention from a current Deputy Minister!

Pour couronner le tout, Heriot s’était donné pour mission de remplacer le paiement dû par de la nourriture envoyée à une personne à Madawaska, qui se chargerait ensuite de la transporter jusqu’au lac Témiscouata. Qui était cette personne à Madawaska ?

Comme nous croiserons souvent George Heriot au cours des prochaines années de la vie de Philip, nous reproduisons ici une brève biographie de lui.

George Heriot

George Heriot (vers 1759-1839) était un fonctionnaire britannique qui occupa le poste de sous-directeur général des postes de l’Amérique du Nord britannique de 1799 à environ 1816, date à laquelle il retourna en Angleterre. Il réalisa de nombreux croquis et aquarelles durant ses missions et publia deux ouvrages illustrés sur le Canada. Bibliothèque et Archives Canada possède une importante collection de ses aquarelles, à laquelle se sont récemment ajoutées celles de la collection Peter Winkworth.

Les aquarelles de Heriot sont célèbres ; voici quelques exemples de son excellent travail. Une reproduction grandeur nature des Grandes Chutes de la rivière Saint-Jean est accrochée au-dessus de la cheminée dans le salon de Benoît Long.

Figure 94 – George Heriot, Grandes Chutes à Saint John, 27 juillet 1809. Heriot a écrit sa première lettre à propos de Philip Long en 1811.

Figure 95 – George Heriot, Vue du quai de Québec

Figure 96 – George Heriot – Presqu’Île sur la rivière Saint-Jean

Figure 97 – Heriot – Vue de Québec prise de Pointe-Lévis.

Voici le texte intégral de la lettre.

Monsieur Heriot, Directeur général des postes

Québec, le 27 mars 1811

Reçu le 28

Réponse reçue le même jour

Explication des raisons pour lesquelles il n’a pas versé la solde de Philip Long : cette somme devrait lui être versée immédiatement.

M. Heriot accuse réception de la note du lieutenant-colonel Thornton, datée de ce jour, accompagnée d’une pétition de Philip Long adressée à Son Excellence Sir James Craig, déclarant qu’il n’a versé aucune somme à Long depuis le 12 décembre dernier et qu’il détient un solde dû à Long de sept livres et shillings, qu’il a retenu car il a constaté que cet argent n’avait pas été dépensé de la manière la plus avantageuse pour sa nombreuse famille. M. H. a donc ordonné que cinq boisseaux de blé et du pemici soient fournis à sa femme et à ses enfants par une personne de Madawaska, à qui il devait faire parvenir ces articles. Cependant, comme M. Long semble insatisfait de cet arrangement, M. Heriot se fera un plaisir de fournir ce compte et les soldes à quiconque acceptera la tâche de recevoir et de distribuer les allocations que Son Excellence a bien voulu accorder.

Le solde de 7 livres, 1 shilling et 0 pence est inclus dans l’allocation jusqu’au 5 février dernier seulement.

Québec, le 27 mars 1811

Figure 98 – Lettre de George Heriot, directeur général des postes du Bas-Canada, à un destinataire inconnu, le 27 mars 1811, à Québec. Source : Ghislain Long.

Bien entendu, nous laissons au lecteur le soin d’interpréter cette lettre et ce qu’elle révèle sur les habitudes de notre ancêtre. Toutefois, pour susciter davantage d’intérêt, voici un passage susceptible d’éclairer la pensée d’Heriot.

« Mais des progrès étonnants furent accomplis. « Les nouvelles colonies loyalistes », écrivit le colonel Thomas Dundas, qui visita le Nouveau-Brunswick durant l’hiver 1786-1787, « prospèrent ». Apparemment, il n’avait cependant pas une haute opinion de l’ardeur au travail des soldats démobilisés, car il reconnut que « les habitudes de consommation excessive de rhum et d’oisiveté contractées pendant la guerre leur sont très préjudiciables ». Mais il fit l’éloge des officiers à demi-solde. « Les officiers provinciaux à demi-solde », écrivit-il, « sont de précieux colons, car ils sont en mesure de bien vivre et d’améliorer leurs terres. » [iv]

La lettre suivante est très importante pour notre histoire, car elle contient le passage concernant l’installation de Long à l’extrémité du lac Témiscouata. Plus important encore peut-être, elle contient de précieux renseignements personnels sur Philip Long.

George Heriot, sous-directeur général des postes pour le Bas-Canada, confirme le maintien de la pension de Philip Long en 1811.

En mars 1811, George Heriot se trouvait face à un dilemme. Lorsqu’il avait succédé à Hugh Finlay au poste de sous-directeur général des postes en 1810, il avait hérité d’un système selon lequel Philip Long, un « ancien fonctionnaire », recevait une pension de deux shillings par jour. En temps normal, Heriot aurait simplement versé à Long l’équivalent de deux mois de salaire, prélevés directement sur le Trésor militaire. Mais ce jour-là, un obstacle se dressa sur son chemin : le gouverneur général avait changé, Sir James Craig ayant été remplacé par Sir Gordon Drummon au printemps 1811.

Heriot avait besoin d’une autorisation pour effectuer les paiements à Long sur le Trésor militaire et, comme dans toute bonne administration, il lui fallait solliciter les autorités compétentes. Heriot décida donc d’écrire à Noah Freer, secrétaire militaire. Sa lettre importante est datée du 13 décembre 1811. [v]

Cette lettre nous révèle de nouveaux détails fascinants sur la vie de Philp et nous reviendrons sur ces découvertes après que le lecteur aura eu l’occasion de consulter le texte intégral de la lettre ainsi que les images haute résolution de l’original.

Québec, le 13 décembre 1811

Monsieur,

Permettez-moi de vous informer, pour Son Excellence le Commissaire des Forces, que Philip Long, ancien fonctionnaire du gouvernement, marié et père de cinq ou six jeunes enfants, a été installé en juillet 1809 au débarcadère du lac Témiscouata, près de l’entrée du grand port sur la route de Québec à Fredericton, sur ordre de Son Excellence Sir James Craig, ancien commandant des forces.

Compte tenu de la cécité de M. Long et du caractère aride, inhospitalier et isolé de la région où il est stationné, Sir James a autorisé le versement, sur le fonds militaire, d’une allocation de deux shillings par jour pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille. À la demande de Sir James, j’ai perçu cette allocation et l’ai remise à M. Long, auquel j’ai avancé deux mois de solde.

En me présentant ce matin au bureau du Commissaire général pour percevoir, comme d’habitude, ma solde de deux mois, du 6 octobre au 5 courant, j’ai appris qu’il serait nécessaire, avant son versement, que l’autorisation soit renouvelée par Son Excellence Sir George Prevost, ce à quoi il est à espérer que Son Excellence n’aura aucune objection.

Je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de mes sentiments distingués.

(Signé) Geo Heriot, Sous-ministre des Postes

Transcription : Benoît Long

Figure 99 – Lettre de George Heriot, directeur général des postes, à Noah Freer, secrétaire militaire, datée du 13 décembre 1811, à Québec (1re partie). Source : Ghislain Long.

Figure 100 – Lettre de George Heriot, directeur général des postes, à Noah Freer, secrétaire militaire, datée du 13 décembre 1811, à Québec (2e partie)

Que nous apprend cette lettre, inconnue de la famille jusqu’à sa découverte par les archivistes d’Ottawa ? Le fait nouveau le plus important concernant Philip est que « les circonstances dans lesquelles Long a failli perdre la vue… » ont dû constituer une information capitale pour le destinataire de ce document, que nous pensons avoir été obtenu pour la première fois le 11 septembre 1936 auprès des Archives nationales à Ottawa ! Nous ignorons l’identité de ce destinataire, mais Mgr Lang a probablement eu connaissance de ce document, voire en a reçu une copie, à peu près à la même époque.

Avant de passer à la réponse de Freer, une petite digression s’impose. Quelle était la valeur réelle de « deux shillings par jour » ? John Lang, dans son ouvrage « Finding Philip Long (1757?-1832) », note l’information suivante :

« Pour obtenir une estimation de la valeur de deux shillings, j’ai consulté Barry Grant, éditeur des « Winslow Papers ». » Il a déclaré que ses recherches indiquent qu’en 1810, un soldat gagnait 1 shilling par jour, plus le logement et la nourriture. Une fourmi gagnait 1 penny par jour, soit un demi-shilling. Un juge gagnait 10 000 shillings par an (500 livres sterling x 20 shillings la livre). Philip Long gagnait 730 shillings par an (36,5 livres x 20 shillings). [vi]

La réponse de Noah Freer fut immédiate et favorable à Philip Long.

Nous partageons entièrement l’avis de John Lang : cette solde était avant tout une indemnité d’isolement. Philip et sa famille étaient stationnés dans une région reculée et isolée du pays, et des primes supplémentaires étaient nécessaires pour les maintenir en poste dans de telles conditions.

Noah Freer, secrétaire militaire, répond favorablement à la demande de Heriot.

Trois jours après la demande initiale de Heriot, M. Noah Freer, secrétaire militaire, écrivit une lettre autorisant ce dernier à prélever la pension de Long sur le Trésor militaire. [vii] La lettre, brève, confirme le lieu de résidence de Philip Long et le montant de sa pension, sans fournir d’autres informations sur Long et sa famille.

Source : Archives nationales du Canada, RG8, série « C », volume 284.

George Heriot Monsieur, Sous-directeur général des postes

Bureau du secrétaire militaire

Québec, le 16 décembre 1811

Monsieur,

Ayant présenté au commandant des forces votre lettre du 15, j’ai l’honneur de vous informer que Son Excellence a bien voulu renouveler l’autorisation de verser deux shillings par jour à Philip Long, qui réside au Débarcadère du lac Témiscouata, près de l’entrée du Grand Portage, sur la route de Québec à Fredericton. Des instructions ont été données au commissaire général pour que vous receviez cette allocation, au nom de M. Long, comme d’habitude, à compter du 6 octobre dernier.

Je suis Monsieur… etc.

(Signé) Noah Freer, M.S.

L’administration militaire était certes bureaucratique, mais efficace. C’est pourquoi M. Robinson a entrepris les démarches nécessaires pour que les paiements à M. Long prennent effet le 6 octobre.

William Henry Robinson, commissaire général, autorise les paiements à Long

Il n’y a pas grand-chose à ajouter à cette lettre, étant donné sa clarté et l’absence de détails généraux concernant Long ou sa situation. Elle demeure néanmoins précieuse pour notre famille, car elle témoigne une fois de plus du fonctionnement quotidien du gouvernement qui régnait sur Philip Long et le bien-être de sa famille.

Bureau du Secrétaire militaire

Québec, le 16 octobre 1811

Le Commandant des Forces approuve le maintien de l’allocation de deux shillings par jour à Philip Long, mentionné dans la lettre précédente. Le Commissaire général la versera à M. Heriot, comme d’habitude, au nom de M. Long, à compter du 6 octobre dernier et jusqu’à nouvel ordre.

Par le Commissaire de Son Excellence,

(signé) Noah Freer, Secrétaire militaire

À William Henry Robinson, Écuyer

Commissaire général[viii]

Figure 101 – Lettre de Noah Freer, secrétaire militaire, à William Henry Robinson, commissaire général, datée du 16 décembre 1811, à Québec.

Nous n’avons pas encore découvert d’autres documents pour l’année 1811 et le début de 1812. Nous savons bien sûr que la guerre de 1812-1814 entre la Grande-Bretagne et les États-Unis a commencé au début de 1812 et nous pouvons supposer que le trafic, tant de personnel que de courrier, entre Québec et Fredericton a augmenté en raison de ce conflit. À l’avenir, nous espérons ajouter des documents qui démontreront que cette voie de communication a acquis une importance renouvelée pendant la guerre pour le maintien des communications militaires et pour la création du lien qui a permis l’existence même d’un territoire est-ouest appelé Amérique du Nord britannique.

Mgr. Visite de J. Octave Plessis à la ferme Long

Cette visite a probablement eu plus de conséquences inattendues que presque aucun autre événement de la vie de Philip Long¹. Cela peut paraître une affirmation audacieuse, mais compte tenu des efforts, de la confusion et des frustrations engendrées par le journal du secrétaire de Mgr Plessis et ses commentaires sur Philip Long, il est difficile d’imaginer que cette affirmation soit contredite par les faits. À proprement parler, ce journal contient des détails intéressants sur la visite, la ferme et la famille. Ce sont les informations concernant Philip Long qui le rendent vraiment exceptionnel.

Commençons par la visite. Mgr J. Octave Plessis était Monseigneur puis archevêque de l’Église catholique de Québec pendant la majeure partie du mariage de Marie-Julie avec Philip. Il était évêque lorsque la famille vivait à Québec, et bien sûr, nous nous souvenons bien de sa visite dans l’Est et de son passage à Long’s Landing Place. Son secrétaire, M. Painchaud, a inscrit par écrit le nom de John Lang et rien n’a été pareil depuis pour notre famille ! Charles François Painchaud était l’ancien prêtre de Sainte-Anne-de-la-Pocatière.[ix]

Figure 101 – Lettre de Noah Freer, secrétaire militaire, à William Henry Robinson, commissaire général, datée du 16 décembre 1811, à Québec.

Nous n’avons pas encore découvert d’autres documents pour l’année 1811 et le début de 1812. Nous savons bien sûr que la guerre de 1812-1814 entre la Grande-Bretagne et les États-Unis a commencé au début de 1812 et nous pouvons supposer que le trafic, tant de personnel que de courrier, entre Québec et Fredericton a augmenté en raison de ce conflit. À l’avenir, nous espérons ajouter des documents qui démontreront que cette voie de communication a acquis une importance renouvelée pendant la guerre pour le maintien des communications militaires et pour la création du lien qui a permis l’existence même d’un territoire est-ouest appelé Amérique du Nord britannique.

Mgr. Visite de J. Octave Plessis à la ferme Long

Cette visite a probablement eu plus de conséquences inattendues que presque aucun autre événement de la vie de Philip Long¹. Cela peut paraître une affirmation audacieuse, mais compte tenu des efforts, de la confusion et des frustrations engendrées par le journal du secrétaire de Mgr Plessis et ses commentaires sur Philip Long, il est difficile d’imaginer que cette affirmation soit contredite par les faits. À proprement parler, ce journal contient des détails intéressants sur la visite, la ferme et la famille. Ce sont les informations concernant Philip Long qui le rendent vraiment exceptionnelles.

Commençons par la visite. Mgr J. Octave Plessis était Monseigneur puis archevêque de l’Église catholique de Québec pendant la majeure partie du mariage de Marie-Julie avec Philip. Il était évêque lorsque la famille vivait à Québec, et bien sûr, nous nous souvenons bien de sa visite dans l’Est et de son passage à Long’s Landing Place. Son secrétaire, M. Painchaud, a inscrit par écrit le nom de John Lang et rien n’a été pareil depuis pour notre famille ! Charles François Painchaud était l’ancien prêtre de Sainte-Anne-de-la-Pocatière.[ix]

Figure 103 – Notes de Prudent Mercure sur la visite de Mgr. J. O. Plessis en 1812.

Ce document est très important pour les descendants de Philip Long. Tout d’abord, le nom de John Lang, au lieu de Philip Long, a engendré une confusion et donné lieu à de nombreuses hypothèses quant à la véritable identité de Philip Long. Nous savons que beaucoup ont traduit Long en Lang à l’époque, et plus récemment encore, dans le but de franciser un nom de famille pourtant résolument anglais. Mais le problème de John ou Philip demeure entier.

Le nom John Lang est-il apparu par erreur ou s’agissait-il réellement de John Lang ?

Comment notre ancêtre a-t-il pu porter des noms si différents ?

Aurait-il pu avoir un nom composé, par exemple John Philip Long, et n’avoir cité qu’un seul de ses noms au secrétaire de Mgr. Plessis qui prenait des notes pour le voyage ?

Cette dernière hypothèse est possible, mais difficilement crédible. Lors de son mariage, Philip signa Philip Long. On pourrait s’attendre à ce que, s’il s’était appelé John Philip Long ou Philip John Long, il l’ait signé sur l’un des documents les plus importants de sa vie. En tant que chrétien protestant, Philip aurait vraisemblablement signé son nom de baptême en entier sur son certificat de mariage, un document des plus importants.

D’ailleurs, d’après tous les documents d’archives, il n’a jamais signé autrement que Philip Long. Cependant, ce n’était pas la première fois que le nom de Philip Long était orthographié différemment.

Dans sa lettre au colonel Darling, secrétaire militaire, en 1824, le seigneur Alexander Fraser mentionne Philip Long avec l’importante correction : « (et non Luke Long) ». Benoît Long fit vérifier cette information par les archivistes d’Ottawa, et après examen de l’original très fragile, il ne fait aucun doute qu’il s’agit bien de la formulation exacte utilisée par Fraser.

Dans un récit de la visite de la ferme de Long en 1813, découvert par John Lang dans son livre, par le 104e régiment d’infanterie en route de Fredericton à Kingston (Ontario), on découvre ce qui suit : « À mi-chemin de la traversée du lac, ils rencontrèrent un guide canadien du nom de William Long, qui guettait les troupes. Il les conduisit à sa cabane, les nourrit et les orienta vers la bonne route. » [xi]

Pourquoi le nom de Philip Long était-il toujours mal orthographié ou confondu ?

Une autre possibilité est qu’il avait un frère, une croyance partagée par certains descendants, et que ce frère se trouvait à l’extrémité du lac Témiscouata lorsque Mgr Plessis traversa la région. Nous invitons le lecteur à consulter l’étude exhaustive de Donald Long sur toutes les preuves concernant la théorie et l’existence possible d’un frère. [xii]

Cependant, l’auteur estime que l’utilisation de ce témoignage écrit pour étayer l’hypothèse d’un frère pose de sérieux problèmes. Ce problème majeur est d’ailleurs contenu dans le texte lui-même. Voici ce qu’on peut lire :

« Un certain John Lang, ancien messager, vit avec sa famille à l’entrée du Portage et reçoit du gouvernement deux shillings par jour, uniquement pour y vivre… »

Nous avons déjà examiné la correspondance officielle entre Heriot, Freer et Robinson, qui confirmait que Philip Long percevait sans interruption ce salaire ou cette pension de la Caisse militaire, peut-être dès 1809. Est-il vraiment possible que John Lang, possible frère de Philip, ait perçu le même salaire et vécu avec sa famille au même endroit et à la même époque que son frère ? Cela nous paraît peu probable.

Nous souhaitons avancer une théorie plus simple, mais peut-être moins intéressante, concernant la présence de John Lang au lac Témiscouata en 1812. L’hypothèse la plus plausible est que le secrétaire de Mgr Plessis a rédigé ces notes après le voyage, ou, même s’il les a rédigées peu de temps après, qu’il a tout simplement confondu le nom de Philip Long avec celui de son fils, Jean-Baptiste Long, qui aurait été… Il était adolescent à cette époque et transportait probablement les passagers en canoë d’un bout à l’autre du lac (ce que les fils de Philip faisaient souvent, comme nous l’a rapporté le major Elliot dans son rapport de 1929 sur l’état du portage).

Malheureusement, nous ne pouvons écarter d’emblée l’hypothèse d’un frère ou que Philip ait porté deux noms. Dans certains membres de notre famille, on croit que Philip s’appelait en réalité John Philip Long, et j’ai grandi avec cette croyance.

Il est bien plus probable que la tradition orale ait été influencée par l’ouvrage de Thomas Albert et les notes du Journal des Missions, publié en 1920, et qu’elle se soit « enrichie » pour intégrer les deux noms, afin d’expliquer simplement comment notre ancêtre Philip aurait pu être appelé John dans ce qui était considéré comme des sources documentaires solides : l’Histoire monumentale du Madwaska d’Albert et le Journal des Missions. Bien sûr, Albert a utilisé le Journal pour son propre livre, nous n’avons donc qu’une seule source : le Journal. À mon avis, il ne pouvait s’agir de personne d’autre que Philip Long, et l’absence de toute autre indication, pendant près de deux siècles, que Philip ait signé ou utilisé le nom John de quelque manière que ce soit, rend cette hypothèse très suspecte – même s’il est difficile d’accepter qu’une telle conviction ait pu se renforcer autant sans aucune preuve.

Le dernier clou dans le cercueil de la théorie du frère et/ou du nom composé est que Mgr Lang n’évoque jamais cette possibilité dans son livre. Sachant que des lettres ont été écrites à Ottawa dès 1930 avec le nom supposé de John Philip Long, cela ne fait que renforcer, selon moi, la théorie selon laquelle le livre d’Albert a semé la confusion et que beaucoup ont commencé à le prendre pour argent comptant, cherchant probablement à expliquer l’erreur de la secrétaire de Plessis en combinant les noms, tandis que Mgr Lang… Lang n’a jamais été en mesure, ou plus probablement pas disposé, à intégrer cet « artefact » de l’histoire de notre ancêtre à son récit, comme faisant partie de l’histoire orale familiale acceptée.

Figure 104 – Journal des Missions – 1811-12 – Journal de la visite de Monseigneur J. Octave Plessis à sa paroisse dans l’est du Bas-Canada et au Nouveau-Brunswick. Source : Ghislain Long.

Figure 105 – Journal des Missions – Mise en évidence du nom John Lang qui a causé tant de questions et de confusions pour la famille de Philip Long

Nous reproduisons ici le texte intégral en français de la section du Journal où est décrite la visite et la rencontre avec John Lang.

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Il était environ deux heures après midi, lorsque l’on arrivait le lendemain sur le bord de ce lac. Il a sept lieues de long et une ou une et demi dans sa plus grande largeur. Les bords en sont réellement des couverts de monticules chargés de bois curieux à voir dans cette saison ou les couleurs des feuilles sont si variées.

Un vent trop fort obligea de faire une pose à l’entée du lac. C’est ce qui arrive souvent, les canots étant trop petits pour résister aux vagues. Vers les cinq heures du soir, il fut possible de remettre à l’eau, et les conducteurs ne maquèrent pas d’en profiter. Enfin à neuf heures, à l’arrivée à l’entrée du portage que nous nommons le Portage de Témiskouata ou de Madawaska, mais que les gens du pays appellent le Portage du Canada, parce que c’est réellement vers le milieu du portage, que l’on tombe dans cette province.

Un nommé John Lang, ancien courrier demeurant avec sa famille à l’entrée de ce portage et reçoit du gouvernement deux shelings par jour, à la seule charge d’y demeurer, ayant, du reste, autour de lui, une vaste quantité de terre, dont il peut défricher autant qu’il lui

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s’il vous plaît, sans craindre d’être molesté pas ses voisins. Les voyageurs de quelque côté qu’ils viennent, s’estiment fort heureux de trouver une maison en cet endroit, surtout dans les mauvais temps. L’évêque la loua pour cette nuit, et de deux cabanes qui l’avoisinant, l’une fut occupée pour les dix canoteurs qui formaient sa brigade, l’autre pas la famille du propriétaire.

Le débat sur ce que M. Painchaud a écrit ou voulu dire exactement se poursuivra probablement jusqu’à ce que de nouvelles preuves soient trouvées dans un sens ou dans l’autre.

Naissance de Romain le 8 avril 1811

Nous n’avons pas la copie de l’acte de naissance ou de baptême de Romain Long. Autant que nous puissions le savoir, sa descendance représente la branche Long-Lang la plus nombreuse Descendant de Philip et Marie-Julie, Romain est né à Lake Témiscouata, a été baptisé à Saint-Basile et a passé la majeure partie de sa vie à Clair, au Nouveau-Brunswick. Ma propre famille descend de Paul, le fils aîné de Romain.

Nous possédons quelques détails de sa vie qui nous permettent de mieux comprendre qui il était et comment il vivait avec sa famille à Clair.

Dans le rapport Deane et Kavanagh, Romain est mentionné avec son père et son frère comme suit :

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Philip Long, 1828, réside sur un terrain ; aurait fui vers les Britanniques avec du courrier américain pendant la Révolution et aurait, depuis lors et jusqu’à il y a quelques années, été employé à transporter le courrier anglais de Fredericton à Québec.»

Marmosie Long, 1828, fils de Philip ; Réside sur le terrain

George Long         1828      fils de Philip ; réside sur le terrain

Source : Rapport Deane et Kavanagh, juillet-août 1831 : Arpentage de la colonie de Madawaska, comtés de Penobscot et de Washington (aujourd’hui comté d’Aroostook), Maine et comté de Carleton (aujourd’hui comté de Madawaska), Nouveau-Brunswick.

À ce jour, aucune explication convaincante n’a été fournie quant à la raison pour laquelle Romain Long a été recensé sous le nom de Marmosie Long. La situation est d’autant plus complexe qu’il fut également connu plus tard sous le nom de Memen, une contraction probable pour un enfant et, plus intéressant encore, peut-être une contraction de « Facteur ».

Recensement de 1831

Romain fut recensé sous le nom de « Roman Long » – une erreur fréquente de la part d’un recenseur anglophone dans une région majoritairement francophone. Il était déclaré âgé de 20 à 30 ans (il avait en réalité 20 ans) et père d’un jeune enfant de moins de trois ans. Ce fils était en fait Paul Long (âgé de 2 ans à ce moment-là) et l’épouse de Romain, Vitaline Thériault, avait en réalité 55 ans lors du recensement. Dans ce même recensement, Philip Long était décrit comme étant âgé de 80 à 90 ans.

Recensement de 1851

Romain est à nouveau mentionné sous le nom de « Remon Long ». Cependant, nous obtenons davantage d’informations puisqu’il est également décrit comme « aubergiste et agriculteur » – une information précieuse pour ses descendants. Ceci est particulièrement important dans le contexte où son père était lui-même devenu aubergiste, tout comme Marie-Julie était née dans une famille de maîtres de poste de relais – une forme ancienne d’auberge le long du fleuve Saint-Laurent. Nous reproduisons les copies négatives originales de ce recensement car nous le considérons comme une pièce inestimable de l’histoire familiale.

Figure 106 – Recensement de la population du Nouveau-Brunswick – 1851 – Clair, comté de Madawaska. Source : Doris Long et Archives publiques du Canada

Ce recensement nous apprend que la famille de Romain était composée comme suit :

Romain Long, 42 ans

Mary Long, 39 ans

Paul Long, 23 ans

Artemise Long, 18 ans

Marceline Long, 17 ans

Thomas Long, 15 ans

Michel Long, 11 ans

Minal Long, 13 ans

Octave Long, 9 ans

Roman Long, 3 ans

Joseph Long, 2 ans

Helen, 1 an

L’auteur/éditeur de cet ouvrage est un descendant direct de Romain Long.

Romain Long

Paul Long

Joseph Long

Alphonse de Ligori Long

Lucien Ligori Long

Benoît Long

Étienne Long

Naissance de Susanne Long en 1813

Nous ne possédons ni l’acte de naissance ni l’acte de baptême de Susanne Long. Cependant, grâce à Mgr Lang, nous savons qu’elle est née le 2 décembre 1813 au lac Témiscouata (très probablement) et a été baptisée à Saint-Basile. Elle a épousé Jacques Hamel le 28 août 1832 à Saint-Roch de Québec et est décédée à Saint-François (Nouveau-Brunswick) en 1861.

Premier marriage dans la famille Long – Constance Long à Pierre Beaudry (dit Matelot)

D’après l’ouvrage de Mgr Lang, Constance était la première enfant de Philip et Marie-Julie à se marier. Elle épousa Pierre Beaudry (également appelé Matelot – Marin) le 8 octobre 1813 à Saint-Basile, Madawaska. Nous ne possédons pas de copies de leur acte de mariage. Nous savons également que Constance se remaria le 8 octobre 1827 avec Antoine Arton à Saint-Basile, Madawaska.

[i] Lettre de George Heriot, sous-directeur général des postes du Bas-Canada, accusant réception de la note du lieutenant-colonel Thornton datée de ce jour, accompagnée d’une pétition de Philip Long adressée à Son Excellence Sir James Craig, datée du 27 mars 1811, à Québec. Source : Ghislain Long

[ii] Source : Rapport Deane et Kavanagh, juillet-août 1831 : Arpentage de la colonie de Madawaska, comtés de Penobscot et de Washington (aujourd’hui comté d’Aroostook), Maine, et comté de Carleton (aujourd’hui comté de Madawaska), Nouveau-Brunswick.

[iii] Source : Lettre de George Heriot, sous-directeur général des postes du Bas-Canada, accusant réception de la note du lieutenant-colonel Thornton datée de ce jour, accompagnée d’une pétition de Philip Long adressée à Son Excellence Sir James Craig, datée du 23 mars 1811 à Québec. Archives nationales du Canada, RG8, série « C », volume 284. Copie photographique : Ghislain Long.

[iv] William Steward Wallace, The United Empire Loyalists: A Chronicle of the Great Migration, page 85.

[v] Lettre de George Heriot, sous-directeur général des postes du Bas-Canada, à Noah Freer, secrétaire militaire, datée du 13 décembre 1811 et signée à Québec. Source : Archives nationales du Canada, RG8, série « C », volume 284, page 91, bobine C-????. Copie photographique : Ghislain Long et recherches de Benoît Long.

[vi] John Lang, Finding Philip Long (1757?-1832), page 31.

[vii] Lettre de Noah Freer, secrétaire militaire, accusant réception de la demande de George Heriot, sous-directeur général des postes, et y répondant favorablement, datée du 16 décembre 1811 à Québec. Source : Archives nationales du Canada, RG8, série « C », volume 284. Copie photographique : Ghislain Long. Recherche : Benoît Long.

[viii] Lettre de William Henry Robinson, commissaire général, autorisant des paiements à Long suite à la réception de la lettre de Noah Freer, datée du 16 décembre 1811, à Québec. Source : Archives nationales du Canada, RG8, série « C », volume 284. Copie photographique : Ghislain Long ; Recherche : Benoît Long ; Numérisation : Benoît Long.

[ix] Ghislain Long a découvert des notes sur Painchaud dans une édition de « souvenirs inédits » d’Horace Têtu, 1894. Malheureusement, seules les notes subsistent, car il m’a été impossible de retrouver l’ouvrage de Têtu.

[x] Ghislain Long a obtenu une photocopie des textes originaux du Journal des Missions auprès de Laurent Tailleur, prêtre, directeur des Archives historiques du Musée du Séminaire de Québec, dans une lettre datée du 10 novembre 1984. Les images et le texte intégral de ces documents sont reproduits ci-dessous.

[xi] Citations tirées de John Lang, Finding Philip Long (1757?-1832), pages 34-35. Original dans W. Austin Squires, The 104th Regiment of Foot: (The New Brunswick Regiment) 1803-1817., Brunswick Press, Fredericton, 1962, pages 127-129.

[xii] Donald Long, Sergent John Long, du King’s American Dragoons (KAD), frère de Philip? (2006) http://www.beaglz.com\francais.